Un texte de MARIE GODFRIN-GUIDICELLI, in site Zibeline, décembre 2017

 

Impression argent sur papier noir Fedrigoni pour Géodésir de Dominique Castell, couverture à rabat que l’on déplie et replie délicatement car le livre est précieux. Le noir s’invite par vagues laissant entrevoir des dessins extraits du film animé Échauffement en guise d’introduction, envahit le velouté du papier des traces de stylo bille noir et de mine de plomb des Dessins ricochets et d’Attente (inquiétude) en conclusion du parcours. Entre apparitions mouvementées (œuvres graphiques ou vidéo) et photographies d’expositions précédentes, les dessins au crayon de couleur rose et soufre d’allumette animent d’un souffle sanguin les pages intérieures. Déjà Soufre que je t’embrase paru en 2011 à La Fabrique sensible faisait vibrer le livre, mais ici, l’enveloppe noire obscurcit notre appréhension de son monde. À moins que ce ne soit sa propre appréhension du monde qui ait perdu de sa légèreté joyeuse… Dominique Castell n’a pas pour intention d’étudier la forme ou les dimensions de la terre comme laisserait entendre le titre Géodésir, mais plutôt de sonder les sentiments et les désirs pour éprouver la démesure du monde. À travers l’art du tracé qui est l’essence même de son art et occupe l’entièreté de l’ouvrage, les textes faisant bande à part dans un petit livret ! Bouger les lignes de Charles Floren met en avant la nécessaire immersion du lecteur dans et entre les lignes pour se fondre dans son paysage mental, hors narration. Les Promesses du dessin de Pascal Neveux l’invite à partager « l’expérience commune de l’éveil toujours recommencé » et, en cela, à suivre l’invitation de l’artiste. Les notes de la montagne Sainte-Victoire de Dominique Castell lui laisse entrevoir quelques moments choisis de sa « résidence d’artiste dans Sainte-Victoire en 2007 » où sont nés les Dessins ricochets et le film animé Géodésir. Dix années plus tard, l’objet du désir parait…

Une certaine douceur de vivre
À l’inverse, le noir ponctue qu’occasionnellement Les Boites blanches de Françoise Vadon tant son œuvre est traversée par « une certaine idée du bonheur ». C’est Pierre Jaccaud qui souligne cet état d’être dans un texte écrit en 2014 : « bonheur de reproduire son quotidien dans des variations délicates et éminemment colorées ». De son quotidien, l’artiste en livre quelques fragments dans ses dessins à la mine de plomb, l’aquarelle ou l’acrylique, et dans un court texte où l’on apprend que son atelier et son appartement sont un seul et même lieu de vie et de création. Que son environnement proche, par la fenêtre ou dans un rêve éveillé, est source de motifs Matissiens, d’aplats de couleurs fluides, de natures mortes ornementées, d’évocations poétiques. Pour elle « le réel n’est plus une contrainte » et le livre en est un exact reflet, imaginé comme un journal visuel. Ni début ni fin, pas d’ordre hiérarchique, on s’y promène à l’envi, le regard happé par une scène particulière (la nuque d’une femme face à son miroir), un prénom (Jules), une citation (Le parti pris des choses), une silhouette (Le mètre et l’élève). Libre traversée lumineuse et sereine dont on émerge apaisé, ponctuée elle aussi de pleines pages de couleurs aux tons chauds et doux. Les Boites blanches renferment d’heureuses énumérations créées entre 2014 et 2017 au crayon et à l’acrylique sur papier Fabriano et Arches : Jambes, tapis et vase bleu, Le fauteuil d’une artiste, Coquillage d’août… avec le souvenir de Ponge et de Prévert dans les marges.
MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
 

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